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le 12 janvier 2010...
Mon Amour...
Avec Ayiti, il est important de savoir en préambule...
Le 10 mai 2006... Ou le douloureux retour aux sources d'un fils de déporté de l'esclavage en Martinique, comme ses frères en Ayiti naguère la perle des Antilles...
Ad Vitam Aeternam...
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- Acte 1 - | |||||||||
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Jadis, mais il n'y
a pas si longtemps, des hommes - blancs - vivaient sur leurs continents.
Européens. Libres. Certains fabuleux. D'autres merveilleux. Quelques-uns,
dotés génétiquement d'une rapacité démesurée et d'un sens élevé du
mépris, ont décidé de faire fructifier - à l'œil - leur
capital. Mais comment faire ? Où dégoter la main-d'œuvre, la matière
malléable, inépuisable, corvéable et jetable à l'infinie ? Mais c'est
bien sûr, en Afrique ! Y'a qu'à se l'approprier et se servir à
profusion. Les sauvages, noirs donc nègres, au lieu de gambader heureux
à faire le zouave dans la brousse en jouant à l'être humain, seraient
plus utiles à bâtir notamment la France... | |||||||||
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Et puis, les femelles négresses, un sac sur
la tête, pourraient parfaitement servir de paillasses parlantes pour
l'agrément des malfaisants et la satisfaction biologique des pervers... Dès
lors, les portées viendraient palier les exécutés. Il n'y a pas de
petits profits ! Bref, une criminelle idée - géniale - avait subitement
germé dans la tête du frère blanc, si beau, si intelligent, si
instruit, si... | |||||||||
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Aussitôt dit aussitôt fait. Bateaux construits dans les
normes. Négriers réglementaires adaptés à la manip. Équipages formés.
La gigantesque extermination pouvait démarrer. Cap Sud ! Coursés lors
d'interminables razzias parfaitement organisées, des êtres humains étaient
kidnappés, arrachés à leur terre, les récalcitrants exécutés sans
autre forme de procès - des rabatteurs dépourvus de tous scrupules,
souvent sous la contrainte, prêtaient quelquefois main forte... | |||||||||
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Les vieillards fatigués étaient achevés à la machette : ça coûte moins cher... Les rescapés enchaînés, triés, palpés, humiliés... L'île de Gorée... Précipités dans le ventre sans fin et la matrice assassine des négriers - agencés comme des sardines en boite... Normal : rentabilité oblige ! | |||||||||
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Amarrés sous le seuil de flottaison, prêts à faire l'unique voyage de leur vie. Larguez les amarres ! Direction les Amériques ! Beaucoup crevaient dans d'atroces souffrances, non sans avoir pataugé dans leur sang, leur vomi et leurs excréments - leur râle berçant la placidité des maîtres... Alors, le dernier souffle venu, les restes entamés par la vermine étaient balancés par dessus bord. Amen... | |||||||||
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Est-ce l'esprit de mes ancêtres qui me revient de manière lancinante à la vue d'un poisson ?... Mes pères, nos mères, se seraient-ils réincarnés en animal de mer au point que de savoir tout le mal qu'ils ont subi m'insupporte à l'idée de devoir manger les fruits de cette mer ?... Va savoir Charles... | |||||||||
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Les survivants ont été déportés en masse entre le XVIIe et le XIXe siècle. Entre dix et quinze millions d'Africains ont donné leur sueur, leur sang et toujours leur existence pour que prospèrent l'Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, l'Angleterre, la France, etc. D'aucuns disent plus, le macabre comptage des macabés jetés en pâture dans le grand bleu étant aléatoire. On ne va pas chipoter pour si peu... La chair des nègres a nourri l'Europe et engraissé la France. C'est une réalité historique ! | |||||||||
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La traite était à peine chuchotée, pudiquement appelée « commerce triangulaire... » Les négriers partaient des grands ports comme Nantes, Bordeaux, La Rochelle, Liverpool, chargés d’armes ou de babioles (tissus, verroterie, etc. ), qui étaient échangés contre des nègres en longeant les côtes africaines, qu'ils déportaient comme esclaves dans leurs colonies. Une sorte de troc s'était installé. Des « frères égarés » se laissaient affabuler par des enjôleurs prêts à tout ! Ce commerce lucratif a permis à l'Europe de se bâtir et à la France de s'enrichir : sans bourse déliée... C'est un fait ! | |||||||||
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Les îles des Amériques bercées
par les Alizés et le soleil à gogo ? Et tout ça gratos ? Que demande le
nègre ! Allez au turbin ! Exploités, déshumanisés, ils ont été
chosifiés... légalement... En mars 1685, à Versailles, la ville des
lumières et de la vanité, Louis le Quatorzième, par la grâce de Dieu,
roi de France et de Navarre déclarait dans sa grande bonté « les
esclaves êtres des meubles. » Le
Code Noir Magnifique... | |||||||||
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Florissant ce commerce ne dérangeait outre mesure la morale des colons... La magnificence, la grandeur et la richesse de la France et de l'Europe s'érigeaient sans bruit et sans trompette, sur les cadavres en décomposition des nègres... Passons sur les viols, les émasculations, les membres arrachés, les mollets coupés, les têtes réduites et brandies à bout de pic comme des trophées de guerre... Vétilles ! Les marrons l'ont bien cherchés ! Même pas reconnaissants ! | |||||||||
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Ca tournait rond dans les colonies françaises.
L'organisation méticuleuse de la vie des meubles - les esclaves l'étant
dorénavant - ne laissait aucune place à l'improvisation voire à leur
existence même en dehors du labeur. L'espérance de vie était en moyenne
de 27 ans pour les plus solides... | |||||||||
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Marquons une pose. Pensons à ces femmes, nos mères, nos mamans... Quelle vie intime ont-elles pu avoir dans un tel contexte de terreur ?... Quel épanouissement féminin de celles qui donnent la vie, sinon le plus souvent être culbutées comme des bêtes dans les plantations par les riches colons ventrus qui daubaient la mort à perpette !
Imaginons un instant les accouchements, que dis-je, les mise bas et l'exécution immédiate des résidus de fausse couche si le colon n'en voulait point... Enfin... | |||||||||
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- Acte 2 - | |||||||||
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Cette extermination programmée et magistralement exécutée aurait pu durer Ad vitam eternam, mais la révolution française est passée par là. Le 26 août 1789, la Constituante abolit les privilèges et proclame les Droits de l’Homme et du Citoyen. Cependant l’abolition de l’esclavage ne sera proclamée qu’en février 1794. Les représentants des planteurs et les assemblées coloniales s’y étaient fermement opposés, menaçant même de déclarer leur indépendance. Rien que ça ! | |||||||||
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Et Ayiti ?...
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Passons sur les révoltes et les combats héroïques
de nos vaillants ancêtres comme Toussaint Louverture à Saint-Domingue
(Haïti), les commissaires de la République française (Sonthonax et
Polverel) dans cette île - ventre particulièrement fécond de la France
- proclamèrent alors, à l'été 1793, la liberté générale des
esclaves, sous l'amicale pression et la détermination de nos aïeux
! | |||||||||
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Mais cette première abolition fut nulle dans
les colonies, sauf à la Guadeloupe où elle trouva un début
d’application. Toutefois ce répit fut de courte durée. Quant à la
Martinique - mon île chérie - les Anglais s'en étaient emparés comme
des voleurs ! L'avènement fin 1789 de Napoléon Bonaparte, général de
la Révolution puis empereur des Français sous le nom de Napoléon 1er
(accessoirement président de la République et roi d'Italie), allait tout
remettre en cause... | |||||||||
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Décrétant :
« l'esclavage ainsi que la traite
des noirs et leur importation dans lesdites colonies auront lieu conformément
aux lois et règlements antérieurs à 1789 », il en remettait
une couche ! En mai 1802, après la signature d'un traité avec le
Royaume-Uni, la Martinique était restituée à la France. Tout était à
refaire... Jamais l'Afrique ne verrait le bout de sa souffrance et
l'extermination de ses enfants... Les fournées se succédaient au rythme
d'arrivée des navires bourrés aux as... | |||||||||
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Le 7 juin 1802, Napoléon fait arrêter et déporter
Toussaint Louverture (avec sa famille), qui avait pris la tête de la révolte
des esclaves noirs de Saint-Domingue onze ans plus tôt. Toussaint,
s'appuyant sur les idéaux de la Révolution et confiant dans les hommes
censés les symboliser, avait rallié l'île à la France. Comme quoi...
Un an plus tard, il mourait au Fort de Joux (Doubs) où il avait été
embastillé... Quant aux armées napoléoniennes, elles provoquèrent bien
des massacres lors de la deuxième révolte des esclaves de Saint-Domingue
avant que ceux-ci en sortent victorieux et créent la première République
Noire indépendante en janvier 1804. Ouf... | |||||||||
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Marquons une pause et lisons l'extrait qui suit, de Pierre Tévanian sur Oumma.com :
« Un négationnisme respectable. »
« Le samedi 4 Décembre 2004, au journal de 13 heures de France 3, l’historien et biographe Max Gallo est l’invité de Catherine Matausch à l’occasion du bicentenaire du sacre de Napoléon dont il a écrit une biographie en quatre volumes. Après un reportage rappelant le rétablissement de l’esclavage par Napoléon, l’interdiction du territoire métropolitain aux « nègres et autres gens de couleur » le 2 juillet 1802, et l’interdiction des mariages mixtes le 3 janvier 1803, Catherine Matausch interpelle Max Gallo :
« Alors quand on parle de Napoléon on n’évoque jamais cette décision de rétablir l’esclavagisme, pourquoi ? »
« Le biographe - le terme hagiographe serait sans doute plus exact - répond ces mots terribles :»
« Non, jamais, vous exagérez. On le fait, mais moi-même je peux dire que je l’ai fait, peut-être pas de façon suffisante. Parce que c’est vrai que dans l’inconscient même de l’historien, quand il travaille, à moins qu’il ne soit directement concerné par le sujet... »
« Cette tache, car c’est une tache réelle, est-ce que c’est un crime contre l’humanité ? Peut-être, je ne sais pas. Je crois qu’il a incarné en tout cas les valeurs révolutionnaires en dépit de tout ça... »
Après les chambres à gaz « point de détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale », voici donc l’esclavage simple « tâche » dans la belle épopée révolutionnaire française. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Max Gallo réduit cet indiscutable crime contre l’humanité au rang de « détail ». Au mois d’octobre 2002, déjà, il avait déclaré, en direct sur Canal + :
« Oui, Napoléon a rétabli l’esclavage aboli par la convention en 1794... mais pour le sens de l’histoire cela n’était pas important ».
(...)
« Des propos qui, comme ceux de Max Gallo, n’ont pas empêché Alain Finkielkraut de demeurer l’invité permanent des grands débats télévisés. Notons que la métaphore du coton est particulièrement déplacée s’agissant d’un peuple dont nombre d’ancêtres se sont épuisés jusqu’à la mort à travailler comme esclaves dans des champs de coton. Alain Finkielkraut a également stigmatisé l’arrogance des militants antillais qui osent parler encore de l’esclavage alors qu’ils
« vivent de l’Assistance de la métropole. »
L’intégralité de ces propos, tenus le 6 mars sur RCJ (Radio Communauté Juive) et Radio Shalom, et confirmés le 13 mars sur RCJ... »
La honte pour Gallo et Finkielkraut, deux rapportés de la 25ème heure, qui sont la déchéance de la France ! | |||||||||
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Et Ayiti ?...
C'était sans compter sur la cupidité sans bornes des colonisateurs, esclavagistes invétérés ! Aussi, et en souvenir de mes cousins d'Ayiti, la terre des pentes, permettez-moi de vous citer un passage de l'excellent texte de mon frère - blanc - Jabiru, le Saint-Martinois d'adoption qui, dans le magazine Discover de Sint Maarten, écrivait s'agissant du bi-centenaire de la création d'Haïti :
« Comment Haïti va pouvoir exister ?... »« En 1825, Charles X accepte officiellement l'indépendance de l'ancienne colonie en échange d'une pénalité financière. 90 millions de francs or, soit l'équivalent du budget annuel de la France de l'époque. Une petite île agricole d'un million de personnes face à une France impériale de 25 millions d'habitants. Cette dette et les intérêts seront réglés par la production de trois générations de paysans travaillant le long des pentes, sous le soleil, avec leurs bras, leurs mains et une machette. Le poids de cette ponction économique freine - dès l'origine - le développement du pays, lui coupant ses ailes au moment de l'envol. Ce tribut a été soldé en 1893... »
Même libres les Haïtiens sont toujours
esclaves de la vie...
Et le 12 janvier 2010, la catastrophe...
Sœurs, frères, je vous aime de tout mon cœur... | |||||||||
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Mais comment Haïti en est arrivé là ?...
Pour tenter de comprendre, il est capital de lire l'article d'Ashley Smith de Counterpunch, traduit par « Le Grand Soir », joint à travers le lien plus bas ; article intitulé :
« Comment ils ont ruiné Haïti.»
« Un terrible tremblement de terre, le pire depuis 200 ans, a frappé Port-au-Prince mardi, provoquant d’innombrables dégâts et victimes. L’intensité du séisme était de 7,0 sur l’échelle de Richter et a été suivi durant toute la nuit jusqu’au matin par 30 autres secousses, toutes supérieures à une magnitude de 4,5. »
Retenons l'essentiel :
« Les États-Unis devraient aussi cesser de déporter les Haïtiens qui ont fui leur pays déchiré par la crise et leur accorder un statut temporaire de réfugiés. Ce qui permettrait aux Haïtiens qui ont fui la crise politique et sociale que traverse le pays depuis le coup d’état, les cyclones et à présent le séisme, de rester aux États-Unis. »
« Par-dessus tout, nous devons exiger que les États-Unis cessent d’imposer leurs programmes néolibéraux. Les États-Unis ont pillé Haïti depuis des décennies. Ce n’est pas Haïti qui a une dette envers les États-Unis, et d’autres pays, mais l’inverse. »
« Les États-Unis, la France, le Canada et les Nations Unies doivent au peuple haïtien une indemnisation pour le pillage de leur pays. »
« Avec ces indemnités et un espace politique, les Haïtiens pourraient commencer à déterminer leur propre avenir politique et économique - tel qu’il avait été rêvé par la grande révolution des esclaves, il y a 200 ans. » « Ashley Smith »
Merci pour eux...
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C'est pourquoi il n'est pas nécessaire de surenchérir dans la souffrance... Aussi je lance un appel à mes frères et sœurs de Guadeloupe. N'écoutez pas cette radio de l'autre qui porte le même nom que moi - c'est-à-dire YOYOTTE - qui vous monte contre nos frères d'Haïti qui eux aussi ne demandent qu'à vivre : comme tous les êtres humains sur cette terre !
La honte sur ce nègre raciste contre les nègres !
De même, dire sur les bancs du Sénat français comme l'a fait une négresse politique qui a tout eu de la vie, et même trop :
c'est vraiment les réduire au rang de pondeuses puis de voleuses, elle qui souffrent tant !
La honte sur cette femme qui a perdu tous sens de la dignité humaine !
Un peu de compassion, Madame, à défaut d'amour !
J'espère que vous n'avez pas d'enfants !
Mais ce ne sont là que les relents intellectuelles de la colonisation ! | |||||||||
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Nous, les descendants d'esclaves de Matnik, de Gwada et d'ailleurs, souffrons avec nos sœurs et frères d'Ayiti, le pays où les nègres n'ont jamais courbé l'échine, préférant crever que de baisser la tête !
Ils se relèveront encore et toujours pour dire merde aux salauds qui maintenant pleurent des larmes de crocodiles comme ils savent toujours le faire en pareille circonstance !
Mais aujourd'hui - comme hier - ces laissés pour solde de tout compte ne veulent pas l'aumône mais le juste retour sur les déportations, exécutions et exploitations dont ils ont été victimes !
C'est
pourquoi, après avoir pleuré avec mes sœurs et frères d'Ayiti, j'ai une pensée pour notre GRAND, grand-père à tous, Louis Delgrès, qui préféra mourir avec ses 300 compagnons d'armes que de se
rendre. Il faudra attendre 1848 pour que la France abolisse définitivement l’esclavage. Victor Schœlcher, Sous-secrétaire d'État à la Marine et aux colonies, contribua
à faire adopter le décret du 27 avril 1848 sur l'abolition de
l'esclavage dans les Colonies. Merci... Cent ans plus tard, le 10 avril
1948, j'arrivais parmi vous... | |||||||||
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En un clin d'œil, les rescapés de la « grande
aventure » étaient libres... Estampillés CITOYENS FRANÇAIS ! Paumés.
Sans aucun moyen de subsistance, sans case pour se loger, ils sont restés
à la disposition du maître - qui l'était de fait - poursuivant leur travail
comme si de rien n'était... | |||||||||
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Même les Américains ont cédé un lopin de
terre et un âne à leurs nègres libérés... Mais la France, dans sa
grande générosité, n'a pas jugé utile de dédommager cette masse
informe d'esclaves ; les finances de l'État servant d'abord à compenser
le manque à gagner des colons... Normal, NON ! | |||||||||
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- Acte 3 - | |||||||||
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« Fulbert, je te sens perturbé. A ton
âge, ne te tracasse plus la tête avec tout ça. C'est du passé. »
D'accord l'ami, mais aujourd'hui avec tout ce qu'on voit, tout ce qu'on
entend et tout ce qui est en gestation ici dans l'Hexagone, nos enfants
veulent savoir d'où ils viennent pour mieux comprendre leur passé et
construire ensemble l'avenir avec leurs frères et sœurs blancs, dans un
esprit de tolérance. Ils sont Français, mais noirs... Pourquoi ? Or ils
ne l'ont pas appris à l'école... | |||||||||
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De mon temps, nous nous contentions du traditionnel « Nos ancêtres les Gaulois, les cheveux blonds et les yeux bleus. » Nous sommes Français un point c'est tout ! Mais nos jeunes trouvent ça un peu court. Leurs cheveux crépus, leurs peaux d'ébène et leurs yeux noirs tranchent avec l'éducation officielle de leurs parents, apprise sur les bancs des écoles de la République. Et puis, la réalité qu'ils vivent au quotidien leur ferme systématiquement les portes, quand bien même ils sont Français et diplômés. Pas de boulot. Pas de logement. Pas de perspective. Pas d'espoir... | |||||||||
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Alors, comment l'expliquer à mon
petit-fils ?...
Raphaël, mon petit bonhomme, soit l'Obama des Antilles mais surtout porte bien ta casquette à l'endroit...
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Ils ont le sentiment d'être les laissés pour
compte d'un système qui les rejettent parce qu'ils sont noirs. Ils ne
veulent plus de cela et posent des questions. « Pourquoi ne veut-on
pas qu'ils parlent créole ? Pourquoi ne prononce-t-on jamais le mot
esclave ? A-t-on honte d'être noir ? Nous devrions tous être fiers et
dignes de nos ancêtres. Noirs nous sommes, noirs nous resterons ! Et
alors ! Où est le problème ! Pourquoi les parents acceptent-ils tout
sans rien dire ? » | |||||||||
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Et puis, le 23 mai 1998 est arrivé. Sortant de tous les pores de la France hexagonale, plus de 40.000 mille Antillais et Antillaises se sont dressés d'un seul bloc pour crier : CA SUFFIT ! Des nègres et négresses africaines. Des métisses, chabins, chabines. Des blancs, des arabes, des juifs. Des musulmans et des asiatiques, bref, des femmes, des hommes, des enfants de bonne volonté de tout bord et de toute confession se sont joints à nous pour hurler ensemble...
J'y étais avec d'autres ! Mon képi de soldat vissé sur la tête car j'ai subi la déshumanisation de ma personne dans l'armée au simple motif que je suis noir !
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Pour les 160 ans, j'y étais aussi ! Ma descente aux enfers continue ! Mon combat également !
Attention. Toute récupération de cette marche des libertés par telle ou telle association ou obédience serait tout simplement de la bêtise !
A bon entendeur !
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Le clou était enfoncé... Il ne restait plus qu'à bâtir la maison de la compréhension. Le chemin de l'apaisement de toute cette souffrance était en marche lorsque le petit bout de femme, la député de Guyane, Christiane Taubira, montant à la tribune de l'Assemblé nationale, nous faisait tous pleurer avec son discours posé, mais ô combien sincère de vérité : pas de repentance, pas de ceci, pas de cela, mais tout simplement la juste reconnaissance en tant que crime contre l'humanité de la traite négrière transatlantique et l'esclavage qui en a résulté. Le 10 mai 2001 la loi était votée... Merci... | |||||||||
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Poursuivant sur la lancé, le même 10 mai était
choisi par le président de la République française, Jacques Chirac, sur
proposition d'une commission ad hoc dirigée par Maryse Condé - la
grande et ô combien merveilleuse et intelligente Guadeloupéenne - comme
date de commémoration de l'abolition de l'esclavage. Il fallait une date.
Beaucoup auraient préféré le 23, mais il en fallait une. Alors, que
celles et ceux (comme moi) ont levé la tête le 23 mai 1998 se disent :
l'essentiel est que le long chemin de souffrance de nos ancêtres ne doit
pas nous diviser pour une date... | |||||||||
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- Epilogue - | |||||||||
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Alors que je bouclais ce long et douloureux
retour, j'ai entendu une très petite voix, susurrer, le 9 mai 2006 : « La France a pratiqué la
traite négrière et l’esclavage. C’est une barbarie, un crime contre
l’humanité. Mais elle n’a pas été la seule. Faire de l’esclavage
l’unique visage de la France, c’est rayer d’un trait tous ceux qui
ne l’ont pas pratiqué ou qui se sont élevés contre. Faire de toute la
colonisation une entreprise criminelle, c’est commettre une faute à
l’égard de la multitude des petites gens qui ont travaillé dur toute
leur vie dans les colonies sans jamais exploiter personne ou qui de bonne
foi y ont implanté des valeurs auxquelles ils croyaient. » | |||||||||
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Tout de même, un peu de retenue en ce jour de recueillement !
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Pris brute de décoffrage, ces propos pourraient prêter à confusion, une sorte de réhabilitation et faire croire à certains que la France n'est en rien en ce qui concerne les crimes contre l'humanité que sont l'esclavage et la colonisation, tout comme la déportation des juifs...
Or tout - les bons comme les mauvais moments - font partie de cette histoire. Il faut la connaître pour mieux la dépasser... C'est comme la SHOAH. Il faut le savoir pour dire :
Plus jamais ça !
D'autres jaloux, 40 réactionnaires, révisionnistes lamentables avaient osé lancer un dernier baroud pour tenter de jeter le discrédit sur les descendants d'esclaves que nous sommes en exigeant du président de la République, Monsieur Jacques Chirac, la révision de la loi de Christiane. Nous ne nous sommes pas laissés intimider pour si peu : « les roquets jappent et la caravane de l'histoire passe : INEXORABLEMENT ! » Toutefois, et comme on dit chez nous : | |||||||||
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« Cé apré la vente
makrio nou ka conté lé dépenss ! » | |||||||||
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Chaque chose en son temps. Le recueillement le
10 mai 2006 mais dès le lendemain nous nous sommes rués dans nos mairies
pour nous inscrire en masse sur les listes électorales pour voter et
peser sur notre avenir... | |||||||||
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Et puis, le temps a fait son oeuvre... Notre père
Aimé s'en est allé, nous laissant un patrimoine incommensurable de
dignité... A bientôt Papy... Dès lors il nous revient de ne pas laisser
s'éteindre le flambeau de la dignité qu'il nous a transmis...
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La Martinique, la Réunion, la Guyane, Haïti, Saint-Domingue et l'Afrique noire, la mère de nos aïeuls, de tout cœur avec nos frères de Guadeloupe kont pwofitasyon ! | |||||||||
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Il suffit de cliquer ici et d'écouter...
Puis ci-dessous...
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| Tchimbé rèd pa
moli !
Avec tous mes remerciements à KONY pour ce lien...
Ayiti èvè zot...
Ceux qui veulent connaître mon calvaire peuvent cliquer ici.
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