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Remarques de M.
Lucien YOYOTTE, secrétaire administratif de classe
supérieure (catégorie B), adjoint au chef de la
division Soutien et responsable de formation du Service
Historique de l’Armée de Terre, au sujet du rapport
concernant « son comportement », rédigé
par sa subordonnée, Mlle HASCOËT, adjoint administratif
principal de 2ème classe (catégorie C), chargée du
bureau personnel civil du SHAT.
-=oOo=-
Je prends acte que le rapport en
question a été réalisé le 19 septembre 1996, à la demande
du général MOURRUT, sur incitation du lieutenant-colonel
DELEUZE, comme les autres faux témoignages rédigés par les
officiers et collègues mis à contribution pour me démolir.
Ce document confirme l’entente secrète qui existait entre l’agent
subalterne HASCOËT et l’officier supérieur DELEUZE. Il
fait clairement ressortir l’objectif recherché par les
autorités du SHAT de me présenter comme une bête immonde, même
par mes propres subordonnés, pour m’évincer de l’établissement. Je m’attacherai
donc à démontrer que cette pièce a été sollicitée pour
masquer : l’ingérence dans ma division, les propos
racistes et les malversations dans les travaux d’avancement
du SHAT du lieutenant-colonel DELEUZE, en collaboration avec
ma subordonnée, Mlle HASCOËT.
1ère) Subordination :
Mlle HASCOËT est arrivée à la
même période que moi au SHAT. Après un bref passage dans
une division où elle n’a pas pu s’intégrer, elle a
rejoint la division Soutien (elle était présente avec moi et
Mme LANOUE dans le bureau du général MOURRUT lorsque ce
dernier m’a reçu en me balançant : « Vous êtes venu au SHAT
pour travailler, si ça n’va pas, je vous rentre
dedans ! » Mlle HASCOËT confirme cet accueil
dans un entretien audio en ma possession.
Après le départ du chargé du
bureau du personnel civil (un cadre B) et le non
volontariat des deux agents en titre dans ce bureau, le poste
lui a été proposé. Cette fonction comportant des
responsabilités est normalement tenue par un agent de
catégorie B ;
Mlle HASCOËT étant, d’après le statut des fonctionnaires,
un agent d’exécution (catégorie C), ce poste n’aurait
jamais dû lui être attribué.
La division Soutien est dirigée
par le lieutenant-colonel SOUCHET. Il est, à ce titre, le
chef du personnel civil. Cette division est composée d’autres
services : le bureau budget-finances, les ateliers, le bureau
personnel civil, la chancellerie, etc. Mlle HASCOËT est donc
réglementairement placée sous l’autorité directe de cet
officier.
J’ai été désigné par note
de service n° 11731/DEF/EMAT/SH/SOU/PC du 10
novembre 1995 pour exercer les fonctions d’adjoint au chef de la
division Soutien (en sus de mon travail de responsable de
formation). Mlle HASCOËT est, par voie de conséquence,
placée également sous mon autorité, immédiatement après
le lieutenant-colonel SOUCHET.
2ème) Mon rôle d’adjoint :
Étant donné mon ancienneté,
mes connaissances dans le domaine du personnel et, j’ose le
dire, mon inclination à privilégier les rapports humains sur
l’approche sectaire des difficultés de mes subordonnés, le
lieutenant-colonel SOUCHET, sur sollicitation de Mlle
HASCOËT, m’a demandé si je voulais - nonobstant
mes fonctions d’adjoint - aider les agents du bureau du
personnel civil. J’ai accepté ; les agents de ce bureau
également, et avec joie.
Ainsi j’ai
participé à différentes actions qui incombaient normalement
à Mlle HASCOËT, toujours dans un esprit de camaraderie et
sous le contrôle permanent du chef du personnel. J’ajoute
que ma subordonnée m’a également imploré à plusieurs
reprises pour l’aider dans ses tâches, notamment dans la
rédaction de rapports qu’elle ne maîtrisait pas.
Le travail que j’ai effectué
(que Mlle HASCOËT présentait au général MOURRUT comme
ayant été réalisé par elle !) m’autorise à dire,
en toute objectivité, que mes interventions ont permis, d’abord
de préserver les droits de mes collègues du SHAT, puis d’éviter
que Mlle HASCOËT ne commette des erreurs et souvent des
fautes préjudiciables à l’établissement, jetant ainsi le
discrédit sur notre ministère, notamment au sujet d’une tentative d’escroquerie
à l’emploi diligentée par M. DÉSIRÉ, chargé des
ateliers - dépendant de ma Division - et M.
Tanguy, chargé de
mission RMI au Conseil général de l’Oise. Je dispose bien
entendu de preuves accablantes à ce sujet ; le général
informé a couvert ces graves dérives.
3ème) La camaraderie :
Cette notion est subjective. Mes
rapports avec les agents du bureau personnel civil ont
toujours été basés sur le respect mutuel et la volonté d’instaurer
un climat de détente (cela aussi m’a été reproché par
Mlle HASCOËT), ce dont nous sommes enclins naturellement,
nous « les
gens de couleur », et comme la vie en collectivité nous
le commande. Je l’ai appris tout au long de ma carrière
militaire.
A telle enseigne nous prenions
le café, ensemble, le matin, dans le bureau du
personnel civil ; souvent
je le préparais avant l’arrivée de mes subordonnés
et non moins collègues. Il m’est arrivé également de les
inviter au restaurant pour pérenniser cette camaraderie ;
Mlle HASCOËT étant, d’ailleurs, la première à se porter
candidate. C’est au cours de l’une de nos sorties qu’elle
m’a fait la confidence prémonitoire suivante : «La
hiérarchie ne vous aime pas (!) », confirmée
dans une cassette audio.
On ne peut pas dire que ce
sentiment de camaraderie soit particulièrement développé
chez ce fonctionnaire. En effet, Mlle HASCOËT ne manquait pas
une occasion pour rappeler à ses collègues, je cite « la responsable du bureau,
c’est : MOI ! » Aussi, j’ai
été amené à plusieurs reprises à intervenir pour
désamorcer des situations conflictuelles ; le
lieutenant-colonel SOUCHET étant parfaitement informé de
cela. Il a même reconnu que mon action était bénéfique
pour notre service.
4ème) Le rapport de Mlle
HASCOËT :
Il est quand même
extraordinaire que le général MOURRUT et le
lieutenant-colonel DELEUZE osent demander à un agent
subalterne d’établir un rapport sur « le comportement
» de son
supérieur hiérarchique, sans que le chef de la division
concernée - le lieutenant-colonel SOUCHET - n’ait été mis
dans la confidence. Mes 30 ans de service,
mes 12 mutations et mes différentes fonctions tant
administratives que d’encadrement, m’autorisent à dire
que l’autorité au SHAT se manifestait par des
compromissions indignes de la part de la hiérarchie !
S’agissant des travaux d’avancement,
nous constatons que Mlle HASCOËT confirme à la 1ère page de
son rapport que le lieutenant-colonel SOUCHET m’avait placé
en n° 1 mais qu’elle a « consulté » le lieutenant-colonel
DELEUZE (qui n’avait strictement rien à faire dans cet
avancement) et que ce dernier a modifié mon rang de
classement. En sollicitant l’intervention intempestive du
lieutenant-colonel DELEUZE pour que cet officier défasse le
travail effectué par le chef du personnel - dans le dos de ce
dernier - en participant à l’élaboration d’une fiche
comportant, en violation des textes officiels, des
informations erronées au sujet des règles d’avancement, il
est incontestable que Mlle HASCOËT a manqué à ses devoirs
professionnels. Elle aurait dû être sanctionnée !
Cette femme a ainsi démontré qu’elle
était indigne d’occuper le poste sensible qui lui a été
attribué. Le chef du personnel, qui n’a pas accepté cette
forfaiture, en a référé avec vigueur au général MOURRUT,
en présence de Mlle HASCOËT et du lieutenant-colonel
DELEUZE, en apostrophant notre subordonnée.
Elle l’indique à la page 2 de son
rapport ; je cite :
« le lieutenant-colonel
SOUCHET ayant eu
vent des propos que j’avais tenus dans le bureau du
lieutenant-colonel DELEUZE s’est mis en colère contre moi
en me disant qu’il
était temps que je me rende compte qu’il était mon chef,
et que je devais lui obéir. Je n’avais pas à aller
voir le
lieutenant-colonel DELEUZE pour les travaux d’avancement,
c’est le général
qui doit décider. »
Le lieutenant-colonel SOUCHET a
donc reconnu qu’il y avait bien eu faute de la part de Mlle
HASCOËT. J’ajoute qu’à la suite de cette infraction cet
officier avait l’intention
de relever cet agent de ses fonctions (nous nous étions
entretenus à ce sujet). Mlle HASCOËT l’indique également
dans son rapport. Par ailleurs, lorsque cet agent subalterne
écrit :
« Qu’elle avait consulté
le lieutenant-colonel DELEUZE » à propos de l’ordre
de classement effectué par le chef du personnel et « qu’elle était d’accord » avec l’officier
précité parce qu’il m’avait déclassé, et qu’elle donne son
avis - en fin de son rapport - sur les notations
précédentes de son supérieur hiérarchique, ainsi que sur l’augmentation
de ma note chiffrée, allant même à porter un jugement sur
mes notes antérieures, nous ne pouvons donc que constater qu’il
y a un « brouillamini » dans l’administration du personnel
civil du SHAT. Il n’est donc pas étonnant que nous en
soyons arrivés-là ! Aussi, nous ne pouvons nous empêcher de
nous demander :
- Qui dirige le Service
Historique de l’Armée de Terre et, à ce titre, est chef d’établissement
pour le personnel civil ? : - Est-ce le général MOURRUT,
le lieutenant-colonel DELEUZE, ou l’agent
subalterne HASCOËT ?
- Qui est réglementairement le
chef du personnel civil au SHAT, donc responsable de l’administration
des agents ? : - Est-ce le lieutenant-colonel
SOUCHET, le lieutenant-colonel DELEUZE, ou l’agent d’exécution
HASCOËT ?
- Pourquoi le lieutenant-colonel
DELEUZE s’est il compromis dans cette opération
fallacieuse, sinon pour mettre à exécution sa pensée
raciste ? Les faits et les preuves le démontrent !
Si Mlle HASCOËT s’est permise
de sortir du cadre réglementaire qui est le sien, il est
manifeste que cet agent subalterne dispose d’une couverture extérieure à sa
division, ce qui lui donne une prépondérance sur le chef de
cette division ! Alors c’est elle qui décide de l’avancement,
de la notation de son supérieur hiérarchique et des autres
agents du SHAT !
Ceci me pousse à m’interroger
sur la validité des travaux effectués par cet agent ;
ceux-ci n’étant pas
entourés de toutes les garanties indispensables. Le manque d’altruisme
de cet agent est flagrant !
S’agissant des autres
accusations selon lesquelles « je passais 80 % de mon temps au bureau
personnel civil à raconter des âneries... que je l’aurais
traité de saloperie... que j’étais à la recherche de
documents pour mon avocate en regardant dans la pochette du
courrier...» et, comble de « l’information », elle
révèle à la page 2 de son rapport que « j’allais faire sauter
le SHAT (!) »
et même que « j’allais
faire sauter tout le monde (!) » C’est grotesque !
Il est évident que cette femme PRISE EN FLAGRANT DÉLIT DE MALHONNÊTETÉ
envers moi, avec le lieutenant-colonel DELEUZE, par son
propre chef de service, le lieutenant-colonel SOUCHET,
tente, par tous les moyens, de minimiser sa véritable
culpabilité dans cette affaire.
Enfin, elle se fourvoie dans ses
précisions quant aux « 80 % du temps que je
passais dans son bureau. » Les dossiers du personnel que
je devais constamment compulser se trouvant dans ledit bureau,
il est donc logique que je m’y rende épisodiquement. Il en
est de même lorsque je devais l’assister dans sa tâche ou
remplacer -amicalement - l’ensemble des agents de ce bureau (dont elle-même) pour
leur permettre de bénéficier d’une journée de
congé !
Ce jour-là je n’ai pas passé
« 80% de mon temps à
raconter des âneries dans son bureau », mais bien 100 % de mon
temps à la remplacer ! Nous remarquerons qu’elle n’en
parle pas ! Elle m’a confirmé ce remplacement dans un
entretien qui a été enregistré.
Par ailleurs, étant l’adjoint du
lieutenant-colonel SOUCHET cet officier m’avait, logiquement et
réglementairement, autorisé à prendre connaissance du
courrier, au même titre que lui, d’autant que lorsqu’il
s’absentait je devenais ipso facto le chef
de la Division. Aussi, lorsque Mlle HASCOËT indique que j’étais
« à la recherche de documents pour mon avocate en
regardant dans la pochette du courrier » je ne peux m’empêcher
de dire que ces accusations sont diffamatoires et que cette
femme est méprisable !
Aussi, il est clair que ce non
rapport - qui en définitive est un faux témoignage - est l’expression
écrite de la jalousie
que Mlle HASCOËT manifestait à mon endroit, débouchant sur la haine et la calomnie.
Je rappelle que cet agent m’a avoué cette jalousie lors d’un
entretien téléphonique (qui a été enregistré), confirmée
devant les membres du conseil de discipline. Mlle LECLERC, une
de ses collègues de bureau, a également et formellement
démenti, devant les membres de ce conseil, toutes les
accusations de Mlle HASCOËT. Le comportement de cet agent
subalterne est inqualifiable !
Nous remarquerons également que Mlle
HASCOËT confirme aux pages 3 et 4 de son rapport le
conciliabule raciste qu’elle a eu avec le lieutenant-colonel
DELEUZE, précisant qu’elle a refusé de me rédiger un
témoignage écrit à ce sujet ; je cite : « On ne pourra me traiter
de raciste, car tous les deux (M. YOYOTTE et Mlle PONNOU) sont
noirs ».
Quoi qu’elle dise, en
cherchant à minimiser les propos de son corrupteur, il est
indéniable que ces critères n’auraient jamais dû être
énoncés ! Mlle HASCOËT et le lieutenant-colonel DELEUZE
semblent découvrir, à la faveur de notre avancement, que les
deux agents en concurrence sont d’une autre couleur de
peau que la leur !
Compte tenu du
contexte dans lequel ces propos ont été tenus, il est
évident qu’ils ont une connotation raciste ; M.
DELEUZE faisant ainsi une ségrégation entre les agents. Il y
donc au SHAT : ceux qui sont noirs et ceux qui ne le sont
pas !
Non seulement le
lieutenant-colonel DELEUZE n’avait strictement rien à voir
dans les travaux d’avancement du personnel civil (ces
missions déterminées par le général MOURRUT ne l’y
autorisant aucunement), cet officier, en tenant de tels
propos, a sciemment violé les dispositions de la loi n°
83-634 du 13 juillet 1983 qui dispose :
« Aucune distinction ne
peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions
politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur
sexe, de leur état de santé, de leur handicap ou de leur appartenance
ethnique. »
Enfin, le
respect intangible de l’homme doit l’emporter sur genre de
commentaire, qui plus est dans un organisme d’Etat et par un
supérieur hiérarchique, d’autant que la loi réprouve
cette ségrégation entre fonctionnaires.
*
* *
Si le
lieutenant-colonel DELEUZE s’est permis de transgresser
cette loi, il est incontestable que cet officier a une
tournure d’esprit raciste et son discours avait une
intention caractérisée de me nuire, compte tenu des
conséquences graves pour ma carrière qui en découleraient
sans l’intervention du lieutenant-colonel SOUCHET. En 30
années de présence dans l’Armée, c’est la première
fois que je suis confronté à un officier, supérieur de
surcroît, qui se permet de faire ce genre de différenciation
entre agents !
Par ailleurs, je
précise que Mlle HASCOËT m’a également avoué qu’elle
avait été piégée par les autorités du SHAT. Elle a employé le
terme « manipulé »
devant les membres du conseil de discipline, pensant que son
rapport resterait sous
le manteau comme
le lieutenant-colonel DELEUZE et le général
MOURRUT le lui
avaient promis ; ce qui confirme la collusion entre ces
officiers et le cynisme de Mlle HASCOËT.
Il semblerait
effectivement qu’elle ait été lâchée car, selon ses
confidences, ces officiers lui auraient demandé de me «
charger » au maximum et que son papier ne servirait qu’à
rédiger un rapport final par le général. Manque de pot, son
rapport a été joint tel quel !
Il est vrai qu’elle n’est pas à un revirement
près puisqu’elle indique dans son rapport ; je cite :
« je m’attendais à être virée de mon
bureau... le
Lieutenant-colonel SOUCHET... m’a dit qu’il m’avait
comprise et qu’il me soutiendrait s’il m’arrivait
quelque chose. »
Sentant tourner le vent elle a cherché à mouiller le
lieutenant-colonel SOUCHET dans une affaire de HARCÈLEMENT SEXUEL en
m’informant - en présence de Mme COLIN (agent du bureau
budget-finances) - que cet officier lui avait notamment
demandé ; je cite :
« Quand est-ce qu’on
tire un coup... »
et qu’elle
avait peur de monter dans l’ascenseur seule avec lui (!) Je
n’y crois pas un seul instant ! J’ai eu froid dans le dos
en l’écoutant, d’autant qu’un autre officier
(capitaine) a été muté manu militari justement au sujet du
harcèlement sexuel
auquel il s’était livré envers un sous-officier féminin.
Tout cela est d’une bassesse
inqualifiable ! Je suis formel et convaincu, le
lieutenant-colonel SOUCHET n’a jamais fait une telle
proposition à Mlle HASCOËT. J’ai été l’adjoint de cet
officier durant une année, partageant le même bureau que
lui, je suis donc bien placé pour apporter un cinglant
démenti aux accusations de cet agent. Il est vrai que cette
femme n’avait pas hésité à annoncer à ses autres
collègues et à moi-même que le lieutenant-colonel
SOUCHET lui avait dit à son arrivée au SHAT ; je cite :
« Je ne connais qu’une
banque : c’est la banque du sperme... »
Enfin, pour se
faire une idée de l’état d’esprit de Mlle HASCOËT, il
faut savoir qu’elle a eu de graves difficultés
relationnelles avec ses collègues de l’administration
centrale où elle exerçait ses fonctions avant son
affectation au SHAT ; un blouson en cuir qu’elle avait
laissé sur un porte manteau a été lacéré. Les autorités
du SHAT en ont été informées. Cette déplorable affaire a
fait apparaître qu’au Service Historique de l’Armée de
Terre il n’y avait pas véritablement une délimitation des
attributions de chacun, ni de ligne de conduite en ce qui
concerne LE RESPECT DE L’AUTRE,
L’ÉTHIQUE et LA
DÉONTOLOGIE.
L’enchevêtrement
des responsabilités, le non respect des règles en matière
de gestion du personnel civil, l’implication des agents du
bureau budget-finances du SHAT dans des malversations (1), les dérives racistes, xénophobes
et antisémites d’officiers supérieurs, la manipulation d’agents
subalternes au détriment de leur supérieur hiérarchique,
etc., font que cet établissement d’Etat se distinguait par
un incroyable
laisser-aller ; les autorités supérieures du ministère de
la défense ne pouvaient ignorer !
*
* *
Les propos
racistes du lieutenant-colonel DELEUZE, son ingérence dans le
travail d’avancement du personnel civil, ses malversations
avec Mlle HASCOËT - alliés à la démission de l’autorité
- ont été le point de départ de cette sale affaire, ce qui
a eu des conséquences extrêmement graves pour moi,
entraînant la perte de mon emploi.
En ne
sanctionnant pas les véritables coupables l’administration
du ministère de la défense m’a désigné d’office comme celui par qui le scandale
est arrivé. C’est pourquoi, et compte tenu de l’orientation
donnée à ce dossier, je m’autorise à dire qu’au Service
Historique de l’Armée de Terre, le racisme, la xénophobie,
l’antisémitisme, la manipulation, les faux témoignages et
le harcèlement moral avaient droit de cité. Ceux qui en
étaient victimes n’avaient qu’une seule et unique
alternative : LA FERMER sinon ils
étaient VIRÉS !
Étant
donné la nature de cette affaire, le niveau de fonctions et
le grade des militaires concernés, il incombait au ministre
de la Défense, EN
PERSONNE, de s’impliquer.
Il est indéniable que sa responsabilité est engagée -
certes par-devers lui. Il n’en demeure pas moins que les
fonctionnaires qui ont couvert ces opérations l’on fait EN SON NOM, d’autant
qu’il en a été informé par des parlementaires ! Il a donc
le devoir de faire le ménage dans son ministère
et de réparer cette injustice dont a été victime un
fonctionnaire d’Etat placé sous sa coupe, en ordonnant ma
réintégration au SHAT ; il y va de l’honneur de nos
Armées et de la vie d’un homme !
En conclusion,
il apparaît qu’il n’y a pas d’affaire YOYOTTE mais bel
et bien une affaire MOURRUT, DICHARD et DELEUZE et, en définitive,
l’affaire d’un service de l’Etat, abandonné et pillé
dont un agent, qui a toujours servi cet Etat avec honneur et fidélité,
a été outragé, opprimé et tyrannisé par ses supérieurs
hiérarchiques, durant une
année entière ! Il a voulu relever la tête il a été
brisé, puis éliminé. C’est terrifiant !
A Paris, le 21
septembre 1996
Lucien Yoyotte
(1) Le
lieutenant-colonel SOUCHET, aidé par moi, voulait remettre de
l’ordre dans les finances du SHAT et faire cesser les
malversations impliquant des agents de notre division, il n’est
donc pas étonnant que le général et ses collaborateurs, ne
pouvant nous corrompre, aient tout fait pour m’éliminer !
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